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DOSSIER

Les technologies et l'écriture des enfants

Vous êtes-vous déjà demandé quelle sorte d’écriture, script (lettres détachées) ou cursive (lettres attachées), était la meilleure du point de vue de la performance en rédaction chez les enfants?
 
Devrait-on apprendre les deux styles d’écriture? Quel est l’impact de l’utilisation des technologies dans l’apprentissage de l’écriture et de la lecture chez l’enfant? Ces questions préoccupent certains chercheurs, qui ont récemment réalisé des études portant sur ces questions.
 
Le Conseil scolaire francophone (CSF) s’interroge lui aussi. C’est pourquoi il a invité Mme Marie-France Morin, titulaire de la Chaire de recherche sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture chez le jeune enfant et M. Denis Alamargot, professeur des Universités en psychologie cognitive et développementale, à participer à une rencontre de deux jours organisée en avril dernier.
 
Les deux chercheurs renommés y ont présenté les résultats de leurs recherches. La haute direction du CSF, des enseignants, des directions et des représentants de la Fédération des parents ont été invités à participer à ces deux journées de réflexion et d’information des plus intéressantes.
 
Ce que la recherche nous dit
 
Les recherches démontrent que nous devrions privilégier une seule sorte d’écriture graphique, que ce soit script ou cursive, mais pas les deux. La raison est simple : un enfant qui n’a pas une graphomotricité intégrée ou automatisée met beaucoup d’énergie sur ce point et performe moins bien en orthographe et en rédaction.
 
Ainsi, la graphomotricité se développe plus rapidement chez l’enfant qui n’apprend qu’un seul style d’écriture. Les chercheurs ne préconisent pas un style (par exemple le cursif) plutôt qu’un autre (par exemple le script), chacun présentant des avantages et des inconvénients. Cependant, pour l’apprentissage de la lecture, il faudrait être exposé à une grande diversité dans les styles de caractères (lire des textes en lettres détachées, attachées, dans des styles variés de caractère de lettres, etc.).
 
Vous voulez savoir comment se sent un enfant qui n’a pas encore une graphomotricité intégrée ou automatisée? Écrivez une phrase à la main. Réécrivez cette phrase entièrement en lettres majuscules. Puis réécrivez la même phrase en alternant les lettres majuscules et minuscules. C’était facile comme exercice? Vous avez pu penser à autre chose en écrivant? Parions que non! En nous attardant beaucoup sur la formation des lettres, on a moins d’attention pour la révision de l’orthographe ou pour la rédaction comme telle.
 
Et les technologies?
 
Les chercheurs ont par ailleurs expliqué que l’apprentissage de l’écriture uniquement à l’aide des technologies (tablette ou clavier d’ordinateur) n’est pas la solution. La tablette peut servir pour montrer le tracé des lettres, par exemple à l’aide d’une application à cet effet, mais l’utilisation de papier et de crayons pour pratiquer l’écriture des lettres par les jeunes enfants est ultra importante.
 
C’est que l’écran de la tablette manque de rétroaction kinesthésique, entre autres choses. Un programme d’entraînement à l’écriture visuo-moteur (où l’on montre le modèle à l’écran et ensuite l’enfant copie le modèle avec le crayon/la craie/le doigt dans le sable) est plus efficace pour un apprentissage réussi de l’écriture.
 
Vous voulez en savoir plus sur ces recherches et d’autres tout aussi passionnantes? Visitez le site Internet : http://lectureecriture.ca/ et cliquez sur l’onglet « Publications », pour trouver la section «Articles de revues professionnelles».